La pointe de ma plume me démange... Il faut que j'écrive. Mais, mes idées sont confuses et loin de la réalité.
Tout s'embrouille, se brouille, plus de perception des choses qui m'entourent. Dans mon esprit, c'est l'esbroufe, le branle-bas de combat... On crie : « A l'abordage ! Chargez ! »...Mais rien ne bouge, je reste tétaniser. Les muscles de mon corps et de mon c½ur sont vides de mouvements, comme s'ils mourraient l'un après l'autre... A la fin, on ne retrouvera qu'une immense masse informe. Il ne restera qu'un tas d'os et de chair.
Tout autant qu'il m'en souvienne, jamais pareille sensation ne me fut connu. Le rouge pourpre envahit chaque parcelle de mon corps, de mon être... J'ai maintenant plus chaud, plus chaud que le homard qu'on ébouillante pour le mettre dans l'assiette du client qui trouvera une réflexion ou un compliment à effectuer au chef coq.
La sueur dégouline à présent. Non visible des autres, mais je la sens sur moi, sur chaque partie de mon corps...
Je tremble ! Mes membres tressaillent comme les murailles d'un château sur lesquelles les boulets viennent s'écraser, hurlants et éclatant à tout va ! Je ne suis plus maître de rien, de plus aucuns de mes mouvements ou gestes de mon corps et de mon c½ur...
J'ai l'impression d'avoir le c½ur au bord des lèvres. Que si il pouvait, il bondirait hors de ma poitrine, hors de mon torse, hors de ma bouche... Ensuite, il lui viendrait une bouche en plein milieu, il parlerait, il crierait !
Il userait ses cordes vocales nouvellement acquises, ses cordes vocales neuves, et les miennes par la même occasion...
Les gens, au loin, se retourneraient pour prêter l'oreille au message que mon c½ur hurlerait. Ils en seraient accommodés, charmés.
Ce message, mon c½ur le crierait pour moi, car je suis bien trop timide. Ma timidité m'en empêche...
Mon esprit et mon corps sont en « blockhaus » total quand je veux lui dire, non lui hurler ce message... Non ! Lui murmurer ! Oui, lui murmurer ce message...
Je ne demande rien d'autre, à part que mon âme puisse enfin s'élever à jamais. Soulagée d'un poids sans nul autre pareil...
Je ne demande qu'à lui murmurer cette insignifiante phrase, que beaucoup à part moi on du mal à avouer...
Simplement lui dire : « Je t'aime ! »